Payasada Terciaria est une performance qui explore la liminalité, le transit et la marginalité à travers le clown, la danse et la parole. Elle se déploie sous la forme d’un monologue clownesque où Maria Fernanda se déplace avec un personnage en mouvement constant, allant de la périphérie vers le centre et traversant des états intermédiaires.
En s’appuyant sur des outils du clown tels que l’exagération, l’échec, l’autodérision et la maladresse, la performance joue avec les codes de la visibilité et de l’invisibilité, du grotesque et de la vulnérabilité. Les objets présents sur scène se métamorphosent, suivant une logique de transformation instable et changeante, tandis qu’une marionnette-guide, à la fois sage et souterraine, accompagne et dialogue avec le personnage.
La performance aborde des questions liées aux relations de pouvoir, aux privilèges de classe, aux dynamiques de contrôle et d’invisibilisation, ainsi qu’aux modèles de monoculture et d’extraction. Depuis la périphérie émergent des outils inscrits dans le corps, des savoirs situés et sensibles, portés par un regard qui déjoue les récits centraux.
Anne-Laure Lechat
Payasada Terciaria a surgi d’une nécessité de faire émerger une voix mise à l’écart par différentes expériences de migration. Elle s’inscrit comme un mouvement de réincorporation de forces et de savoirs, ainsi que comme un retour vers le dispositif théâtral et performatif que Maria Fernanda Ordoñez avait laissé de côté à son arrivée en Suisse.
Anne-Laure Lechat