Entrez dans Parafernalia une tragi-comédie clownesque aux fortes doses mélancoliques. Dans un voyage turbulent, Maria Fernanda Ordoñez mêle célébrations pompeuses, catharsis vengeresses et de doux boléros d’amour pour embrasser la nostalgie de la vie. Elle y incarne une passagère complètement désorientée, bousculée par les interférences d’âmes en peine. Entre le clown contemporain, le théâtre de marionnettes et le stand up, elle nous raconte avec sincérité, poésie et autodérision le transit migratoire et la négociation des états de perplexité qui en découlent. Pour vous, Parafernalia sortira le grand jeu, sans en avoir les moyens, et vous offrira une séance fantasmagorique, un regard périphérique, un bureau d’allègement du transit.
Le mot Parafernalia se traduit en espagnol par « attirail ». Il désigne un ensemble d’éléments rituels ou décoratifs qui entourent un acte ou une personne, souvent avec une connotation péjorative. Dans la pièce, ce terme renvoie au poids social, administratif et parfois strident que peut porter une personne en situation de migration, mais aussi à une idée de débordement, de célébration et d’extravagance, comme un élan qui surgit lorsqu’il n’y a plus rien à perdre.
LUMIÈRE
En collaboration avec le créateur lumière et électronicien Jean Sottas, le travail de la lumière s’est construit autour de l’obscurité, de faibles luminiscences et d’une atmosphère fantasmagorique, en dialogue avec les vidéos sous-titrées. Inspiré par l’image du plancton luminescent et des lucioles, le dispositif utilisait des bandes phosphorescentes activées par des lampes de poche manipulées par les danseuses, créant des effets d’apparition et de spectralité. La conception lumineuse a également permis de préserver la visibilité des projections vidéo tout en révélant progressivement les espaces scéniques et certaines intensités plus fortes. Les couleurs des lumières répondaient aux palettes visuelles des costumes et des vidéos. Jean Sottas a aussi collaboré avec Marlène Charpentié à la création d’un chapeau lumineux autonome intégré à l’entrée de la pièce, ainsi qu’à une ambiance lumineuse installée dans le foyer comme prélude à l’expérience scénique.
VIDÉO - SOUS-TITRES
En collaboration avec les artistes Jonas Van Holanda et Juno B, les vidéos sous-titrées ont été conçues comme une présence vivante au sein de la pièce, à la fois outil de traduction, espace de sous-texte et élément scénographique à part entière. À partir de références visuelles, d’images et de directions esthétiques partagées par Maria Fernanda Ordoñez, un travail collectif s’est développé autour des sous-titres comme vecteurs de parole, de déplacement et de transformation. Les sous-titres apparaissaient en français lorsque l’espagnol était parlé, et inversement, permettant de jouer avec les sonorités des voix, les écarts de traduction et l’apparition de commentaires plus subtils. L’univers visuel des vidéos mêlait créations 3D, vidéos en négatif, textures organiques et images phosphorescentes, prolongeant l’atmosphère fantasmagorique de la pièce et dialoguant étroitement avec la lumière et la scénographie.
https://vimeo.com/969001419
ACCESOIRES ET MAQUILLAGE
L’artiste visuel et performeur Marlène Charpentié a collaboré à la création de la scénographie, des accessoires et le maquillage, ainsi qu’à certaines décisions esthétiques liées aux costumes. Le travail s’est développé autour d’éléments peu nombreux mais polyvalents, capables d’être réactivés tout au long de la pièce et de dialoguer avec son univers visuel. Parmi les éléments réalisés figuraient deux chaises en papier mâché activées par les personnages fantomatiques, aux formes inspirées d’animaux hybrides et des marionnettes présentes dans la pièce : un caméléon et un oiseau. D’autres accessoires ont également été conçus, notamment des boîtes-conteneurs pour les marionnettes, pensées comme des objets de soin et de transport liés à l’univers du « bureau d’allègement du transit », dans des tonalités translucides de vert, bleu et rose inspirées de textures reptiliennes, marines et phosphorescentes. Le maquillage, élaboré à partir des mêmes références visuelles, explorait des effets brillants et translucides. Les palettes chromatiques dialoguaient avec les vidéos et la lumière. Marlène a également apporté un regard extérieur essentiel dans le développement esthétique global de la pièce